Les parents remarquent parfois que leur enfant semble comprendre ce qu’on lui dit, suit les consignes simples et réagit de manière adaptée aux situations quotidiennes, mais utilise peu de mots ou ne parle pas encore comme attendu pour son âge.
Cette situation peut être source d’inquiétude : si mon enfant comprend ce que je lui dis, pourquoi ne parle-t-il pas ?
Dans cet article, nous allons expliquer simplement la différence entre la compréhension et l’expression, présenter quelques causes possibles et préciser dans quelles situations il peut être utile de demander un bilan orthophonique.
Que signifie le fait qu’un enfant comprenne mais ne parle pas ?
Le langage ne repose pas sur une seule capacité. Il comprend notamment deux aspects importants : le langage réceptif et le langage expressif.
Le langage réceptif correspond à la capacité de l’enfant à comprendre les mots, les phrases et les consignes qu’il entend.
Le langage expressif, quant à lui, correspond à sa capacité à utiliser des sons, des mots et des phrases pour exprimer ses besoins, ses idées et ses émotions.
Un enfant peut donc avoir une compréhension relativement bonne tout en rencontrant des difficultés à s’exprimer verbalement.
Cela signifie que comprendre le langage ne veut pas nécessairement dire pouvoir l’utiliser au même niveau. Le développement de la compréhension et celui de l’expression ne progressent pas toujours exactement au même rythme.
Quelles sont les causes possibles lorsqu’un enfant comprend mais ne parle pas ?
Il n’existe pas une cause unique. Plusieurs facteurs peuvent expliquer pourquoi un enfant parle peu alors qu’il semble comprendre ce qui lui est dit.
Des différences individuelles dans le développement du langage
Chaque enfant développe le langage à son propre rythme. Certains commencent à utiliser des mots et des phrases plus tard que d’autres.
Cependant, il est important d’observer l’évolution générale de l’enfant et de vérifier que ses capacités de communication continuent à progresser.
Des difficultés auditives
Une audition insuffisante, même légère ou fluctuante, peut avoir un impact sur le développement du langage.
Un enfant peut parfois réagir à certains sons ou comprendre certaines situations tout en ayant des difficultés à percevoir clairement tous les sons de la parole.
Des difficultés dans l’utilisation des mots
Certains enfants comprennent de nombreux mots mais rencontrent davantage de difficultés à les retrouver et à les utiliser spontanément lorsqu’ils souhaitent communiquer.
Des difficultés d’articulation ou de planification de la parole
Dans certains cas, l’enfant sait ce qu’il veut dire mais éprouve des difficultés à organiser ou à produire correctement les mouvements nécessaires à la parole.
Des facteurs liés à la communication et à l’interaction
Le développement du langage est étroitement lié aux échanges avec l’entourage, au jeu, à l’attention conjointe, à l’imitation et aux occasions de communiquer au quotidien.
Lorsque des difficultés sont présentes dans certains de ces domaines, le développement de l’expression orale peut également être affecté.
Il est important de rappeler que ces différentes possibilités ne constituent pas un diagnostic. Seule une évaluation adaptée permet de mieux comprendre la nature des difficultés de chaque enfant.
Un enfant qui comprend tout finira-t-il forcément par parler ?
Il est rassurant qu’un enfant comprenne bien son entourage, mais une bonne compréhension ne suffit pas à garantir que l’expression orale se développera spontanément sans difficulté.
Certains enfants rattrapent progressivement leur retard, tandis que d’autres peuvent avoir besoin d’un accompagnement.
Il est donc préférable d’observer l’évolution de la communication dans son ensemble plutôt que d’attendre uniquement l’apparition des mots.
On peut notamment observer :
- la manière dont l’enfant communique ses besoins ;
- l’utilisation des gestes et du regard ;
- sa capacité à imiter ;
- l’apparition progressive de nouveaux mots ;
- sa capacité à associer plusieurs mots ;
- son intérêt pour les échanges avec les autres.
L’élément important est l’évolution dans le temps. Une progression régulière est généralement rassurante, tandis qu’une stagnation prolongée mérite davantage d’attention.
Comment un enfant communique-t-il lorsqu’il ne parle pas encore ?
Lorsqu’un enfant possède peu de mots, il peut utiliser d’autres moyens pour communiquer.
Il peut par exemple :
- pointer du doigt ce qu’il souhaite ;
- regarder l’adulte puis l’objet désiré ;
- tirer la main de l’adulte vers ce qu’il veut ;
- utiliser des sons ou des vocalisations ;
- employer certains gestes ;
- exprimer ses besoins par ses comportements.
Ces moyens de communication sont importants, car ils montrent que l’enfant cherche à entrer en interaction et à transmettre un message.
L’objectif n’est donc pas de les supprimer brutalement, mais de s’appuyer sur eux pour favoriser progressivement l’apparition du langage oral.
Que peuvent faire les parents à la maison ?
Les parents utilisent parfois spontanément différentes méthodes pour encourager leur enfant à parler. Certaines peuvent être utiles, tandis que d’autres risquent de transformer la communication en exercice répétitif.
Parlez simplement et naturellement avec votre enfant
Utilisez des phrases courtes, claires et adaptées à son niveau, tout en nommant les objets, les actions et les situations de la vie quotidienne.
Donnez-lui le temps de répondre
Après avoir posé une question ou proposé un mot, laissez quelques secondes à l’enfant pour réagir. Évitez d’enchaîner immédiatement plusieurs questions ou consignes.
Proposez un modèle sans exiger systématiquement la répétition
Si l’enfant utilise un geste ou un son pour demander quelque chose, vous pouvez lui donner le modèle verbal correspondant sans l’obliger à répéter le mot plusieurs fois.
Utilisez le jeu et les routines quotidiennes
Les repas, le bain, l’habillage, les sorties et les jeux constituent d’excellentes occasions d’enrichir le langage dans des situations naturelles et significatives.
Évitez de transformer chaque échange en test
Demander constamment à l’enfant « Qu’est-ce que c’est ? », « Dis ça », « Répète » ou multiplier les questions peut rendre l’interaction moins naturelle.
L’objectif principal est de favoriser le plaisir de communiquer et de multiplier les occasions d’échange.
Quand faut-il demander un bilan orthophonique ?
Il n’est pas nécessaire d’attendre que les difficultés deviennent importantes avant de demander conseil.
Un bilan peut être utile lorsque les parents constatent que l’enfant utilise très peu de mots par rapport à ce qui est attendu pour son âge, que son langage progresse très lentement ou qu’il semble éprouver des difficultés importantes à exprimer ses besoins.
Il est également pertinent de demander un avis lorsqu’il existe d’autres signes concernant la compréhension, l’audition, l’interaction, le jeu ou la communication.
En cas de perte de mots ou de capacités de communication déjà acquises, il est particulièrement important de demander rapidement un avis professionnel.
Conclusion
Un enfant peut comprendre de nombreux mots et situations tout en ayant des difficultés à s’exprimer oralement. La compréhension et l’expression sont deux dimensions complémentaires du langage, mais elles ne se développent pas toujours exactement au même rythme.
Dans certains cas, l’évolution se fait progressivement avec le temps. Dans d’autres, une évaluation permet de mieux comprendre pourquoi l’enfant parle peu et de déterminer s’il a besoin d’un accompagnement.
L’essentiel est donc de ne pas se limiter à la question « Est-ce qu’il comprend ? », mais d’observer l’ensemble de sa communication, son évolution et sa capacité à utiliser progressivement le langage pour interagir avec son entourage.
